Pierre Gattaz élu à la tête du Medef avec 95% des voix

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Dans la série « apprend a connaître tes ennemis ». Pierre Gattaz, 53 ans, a été élu mercredi matin président du Medef, avec 95% des voix. Il remplace Laurence Parisot, à la tête de l’organisation patronale depuis huit ans. Issu de l’industrie, il avait promis au début de sa campagne un « Medef de combat ». Lors de son premier discours mercredi, Pierre Gattaz a proposé 100 milliards d’euros de baisses de charges et impôts sur 5 ans.

476 voix contre 8. Sans surprise, Pierre Gattaz a été largement élu mercredi matin lors de l’assemblée générale du Medef (Mouvement des entreprises de France), face à son unique adversaire Hervé Lambel. A 53 ans, Pierre Gattaz prend donc la tête de l’organisation patronale et tourne la page de huit années de présidence Parisot, malgré les tentatives de Laurence Parisot de briguer un troisième mandat. Son élection était acquise depuis que ses principaux adversaires, Geoffroy Roux de Bézieux et Patrick Bernasconi, s’étaient ralliés à lui à la mi-juin.

Avec ce nouveau président, le Medef renoue avec la tradition d’une président issu de l’industrie, après avoir vécu huit ans avec une patronne venue des services. Pierre Gattaz est le patron du Groupe des fédérations industrielles (GFI), et patron de Radiall, entreprise de taille intermédiaire très exportatrice produisant des composants pour l’aéronautique, l’espace et l’électronique. Il compte s’appuyer sur l’expérience de son entreprise pour réindustrialiser la France. « On a tout pour réussir en France, on a tout pour exporter. Cela fonctionne pour Radiall. Si je le fais, on peut le faire », martelait-il encore mi-juin.

Son père, Yvon, a aussi présidé le CNPF, ancêtre du Medef. « Je pense qu’il fallait un industriel, car la réindustrialisation est le sujet clé, c’est le portrait robot de l’homme qu’il fallait », analyse Bernard Giroux, auteur deDu CNPF au Medef, confidences d’un apparatchik, spécialiste de l’histoire de l’organisation patronale.

A l’issue de son élection, Pierre Gattaz s’est dit « ému ». « Je sais que ça va être dur, on va avoir du travail », a-t-il déclaré. « On aura besoin de nous tous (…) pour pouvoir apporter des idées et pour continuer l’oeuvre qu’a faite Laurence. »

Pour le nouveau patron du Medef, l’entreprise est « ce qui permettra à l’avenir de résoudre la très grand majorité des défis auxquels nous sommes confrontés ». « Encore faut-il la laisser vivre, la laisser s’épanouir et desserrer ses liens », a-t-il dit lors de son tout premier discours mercredi en tant que président du Medef, ajoutant que « l’entreprise est en danger dans notre pays », et que les entrepreneurs manquaient d’amour

Lors de son premier discours, Pierre Gattaz a également fustigé les emplois « aidés », une « impasse économique » selon lui. Il a proposé des mesures de baisse des cotisations sociales (moins 50 milliards sur cinq ans, transferés vers « des mécanismes de type TVA et CSG ») et des prélèvements obligatoires (pour la même somme sur cinq ans), et une simplification du code du travail.

Après avoir prôné au début de sa campagne un « Medef de combat », il avait ensuite poli son discours en assurant être un « fervent partisan » du dialogue social. Mais ses positions offensives contre les 35 heures, sur l’âge de la retraite (il préconise un report de l’âge de départ), la fiscalité des entreprises et la dépense publique, suscitent des inquiétudes sur sa volonté de dialogue.

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Aide : France Info