21 militants de Greenpeace interpellés dans la centrale de Tricastin

ACTUALITÉS : Stop nucleaire

Nouvelle action coup de poing de Greenpeace contre le nucléaire tôt ce lundi matin. Des dizaines de militants ont pénétré dans la centrale de Tricastin (Drôme) vers 5 heures. Objectif : «Pointer du doigt toutes les failles de sécurité dans la production d’énergie nucléaire. »

Ils étaient une quarantaine, selon l’organisation. En l’espace de vingt minutes, affirme Greenpeace, ils sont parvenus à monter sur les infrastructures entourant les réacteurs pour y déployer deux banderoles au niveau des réacteurs 1 et 3. Sur la première, on peut lire : «Tricastin : accident nucléaire» et la deuxième interpelle le chef de l’Etat : «François Hollande : président de la catastrophe?», selon Isabelle Philippe, chargée de communication de Greenpeace. Vers 7 heures, les militants ont déployé une nouvelle banderole autour du réacteur 1.

À 8h45, les gendarmes avaient interpellé 21 militants. Une petite dizaine, «localisés et sous contrôle», étaient toujours sur le site, a indiqué le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Pierre-Henry Brandet. Une cinquantaine de gendarmes ont été dépêchés sur les lieux, dont 22 du groupe spécialisé dans la protection des installations nucléaires, le peloton spécialisé de protection de la gendarmerie (PSPG), chargé de lutter contre les intrusions et les actes de malveillance.

«Il n’y a pas eu de pénétration dans les enceintes de sécurité», affirme EDF. Le ministère de l’Intérieur assure de son côté que les activistes n’ont pas accédé aux «zones sensibles, notamment les salles de commande» du site. «C’est une action médiatique qui ne représente pas de danger pour la sécurité des installations», insiste Pierre-Henry Brandet. Selon le ministère, les militants, «répartis en trois groupes», «ont été immédiatement détectés». L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a elle aussi assuré que l’intrusion des militants de Greenpeace «n’a pas eu d’impact sur la sûreté de l’installation». «Conformément aux procédures, l’ASN a mobilisé son centre national de crise à 7h15», a-t-elle indiqué dans un communiqué.

«Greenpeace veut pointer du doigt toutes les failles de sécurité dans la production d’énergie nucléaire», explique Isabelle Philippe, rappelant que selon le classement de l’organisation écologiste, «Tricastin est une des centrales les plus dangereuses, une des cinq à fermer en priorité, notamment du fait des fissures du réacteur 1». Le 2 mai 2012 déjà, deux centrales nucléaires avaient fait l’objet d’intrusions le même jour, celles de Bugey et de Civaux.

Lors de la campagne présidentielle, Greenpeace avait interpellé François Hollande sur le nucléaire, affirmant que la centrale de Fessenheim n’était pas la seule à devoir être fermée. «François Hollande a promis de fermer Fessenheim d’ici à 2017, s’était alors étonnée Sophia Majnoni, porte-parole de l’ONG, au motif qu’elle est en passe d’atteindre la limite d’âge et qu’elle est exposée à d’importants risques sismiques et d’inondation. Elle n’est pourtant pas la seule dans cette situation, quatre autres seraient même plus dangereuses!»

L’étude de Greenpeace était arrivée à la conclusion qu’il fallait fermer, outre Fessenheim, les centrales les plus âgées du Blayais (Gironde), du Bugey (Ain), de Gravelines (Nord) et du Tricastin (Drôme). Les conclusions de Greenpeace confortaient alors celles de la Commission européenne, qui, en octobre dernier, avait pointé dans son rapport sur la sécurité du parc nucléaire les défaillances observées plus particulièrement dans les cinq sites listés par l’ONG.

La vidéo de l’opération filmée par Greenpeace

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Source : Le Parisien