Réforme libérale : organisation de la régression sociale

          Il convient souvent de rappeler certaines évidences qui n’apparaissent pas comme telles car leur occultation est, de façon répétitive, commise dans les discours médiatiques et/ou politiques. Ainsi en est-il de la possibilité d’existence  d’experts en économie susceptibles de vous asséner un certain nombre de vérités dites « indéniables » et par là contraignantes. Cette perspective sous-entend en effet qu’il existe une « science économique » et qu’il suffirait de suivre les recommandations des économistes pour que tout aille mieux. En réalité il n’existe pas de science économique mais des discours alternatifs sur l’économie. Il s’agit en effet de séparer les problèmes économiques des problèmes sociaux, ce qui permet de les traiter à part et ainsi ne plus « voir les rapports sociaux qui se cachent derrière les rapports économique » (Problématique de la théorie critique en particulier marxienne). De cette façon les problèmes de classes (capital/salariat) n’apparaissent plus comme tels. En outre les problèmes sociaux sont qualifiés de sociétaux, ce qui permet de privilégier ce que d’aucun ont appelés les « nouveaux conflits sociaux » qui seraient eux même sans lien avec des rapports de classes. Naturellement, ces problèmes (antiracisme, féminisme, homophobie….) possèdent certes une autonomie relative mais ne sont pas totalement indépendant de la structuration globale de la société qui s’articule autour des rapports sociaux fondamentaux de classes ainsi occultés.

          Cette logique idéologique correspond aujourd’hui à ce que l’on nomme social libéralisme ou libéralisme social qui représentent une dégénérescence de la « social-démocratie » qui représentait déjà un renoncement, une soumission à l’idéologie dominante alors qualifiée « d’économie sociale de marché » (pratique de la novlangue). Les expressions  de « Social libéralisme » ou « libéralisme social » sont des oxymores, des non-sens. En effet le libéralisme est consubstantiel au capitalisme : c’est l’idéologie de la classe bourgeoise dominante  et à ce titre elle justifie ce système. Son crédo regroupe les thèmes suivants : Etat minimum (Etat gendarme), moins d’impôts et de cotisations, moins d’indemnisation, limitation des droits des salariés mis en concurrence pour faire baisser le coût du travail….En ce sens le néolibéralisme n’est qu’un archéolibéralisme qui ne cherche qu’à revenir à ses fondamentaux. Les salariés quant à eux, sont acculés à essayer de défendre des « acquis sociaux », sans toujours y parvenir. Ils ne sont alors plus en mesure de conquérir de nouveaux droits et de nouvelles améliorations de leurs conditions de vie et de travail. Les soi-disant progressistes libéraux organisent en fait la régression sociale, la progression des inégalités, l’augmentation de la misère, de la pauvreté, de la précarité.  

          Alors, allez voter si vous voulez cautionner cette évolution !

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