La croissance détruit les hommes et la nature

 

Pour vivre travailler est nécessaire,
Mais vivre pour travailler est mortifère,
Surtout pour un salaire de misère
Et des fins de mois vivre la galère,
Une pension de retraite rabougrie
A l’impôt, la taxation assujettie.
Le travail n’est pas une valeur
Le penser tel est un leurre
Qui profite aux exploiteurs
Comme aux petits chefs aux « collaborateurs ».
Le progrès lui-même est un leurre
Il est source de dépendance et d’addiction
Pour donner l’impression du bonheur
Trouvé illusoirement dans la consommation.
La croissance n’est pas sans limite
Naturellement de façon écologique
Dommageable pour la nature et l’environnement
L’avenir de nos enfants ainsi hypothéquant.
La croissance est accumulation
De marchandises est d’exploitation
De profits pour les capitalistes,
De misère et de frustrations.
Elle a comme finalité que l’exploitation subsiste,
Et se reproduise pour la bourgeoise domination.

Le mythe de la croissance

     La croissance est une réalité mais aussi un mythe, une mystification…Réalité indéniable à Long Terme elle est également destructrice (de l’environnement mais aussi du sens même de la vie) aliénante. Toute mesure de la croissance à court terme et à moyen terme est une absurdité : non seulement parce que les instruments de mesure sont imparfaits mais que ces mesures incluent en outre les effets externes négatifs ainsi que les activités destinées à y remédier.

     Côté Pile. La croissance se manifeste par une vaste accumulation de marchandises dont le but n’est pas de satisfaire les besoins (voir la notion de filière inversée) mais de servir de moyen à l’accumulation du capital par les profits qu’elle permet de générer et qui en sont le moteur. Pour la production de ces profits, l’ensemble de la bourgeoisie (commerciale, industrielle, financière) est solidaire. Par contre le problème se pose de savoir quelle part les différentes fractions de la bourgeoisie peuvent revendiquer et obtenir : cette opposition entre les différentes fractions est aujourd’hui à l’avantage du capital financier qui en outre s’avère capable d’imposer ses règles en matière de rentabilité parce qu’il est le fer de lance de la mondialisation.

     Côté face. La croissance amplifie l’exploitation, la frustration, l’aliénation dans tous les domaines de la vie de la majorité des populations où domine la bourgeoisie. Dans la production pour les ouvriers et employés toujours davantage sommés d’augmenter leur productivité et leur rentabilité ; des salariés par ailleurs mis en concurrence d’autant plus importante que le chômage sévit (la fameuse « armée industrielle de réserve » qui pèse sur les salaires et les emplois). L’aliénation dans la consommation dont les limites, comme celles de la production et de façon parallèle sont sans cesse repoussées. La « société de consommation » substitue en effet à la « société de l’être, « une société de l’avoir » laquelle au demeurant redouble les inégalités et les frustrations dont peuvent rendre compte le processus de diffusion différencié bien traduit par le cycle de vie des produits. Mais fondamentalement, la société de consommation inverse la logique (qui pourtant demeure au fondement de l’économie politique libérale), le rapport entre les biens et les besoins : les biens (qui sont plus des marchandises que des biens au demeurant) sont inventés et produits puis on en suscite le besoins auprès des consommateurs, non seulement par la publicité mais également par le processus de diffusion inégalitaire et progressif. Pourtant l’économie politique met en scène une séquence différente selon laquelle les besoins ressentis se traduiraient par une production correspondante. Cette inversion JK Galbraith en a rendu compte par le concept de « filière inversée ». En fin de compte c’est notre imaginaire qui est (pré) fabriqué au nom d’un progressisme de façade.

Notre futur assumé

Notre futur est en nous

 

Il y aura un après la confiscation du pouvoir du peuple

Le présent, le futur je l’espère se situera dans la rue.

C’est là que la voix de notre  turbulent peuple

Pourra s’exprimer, résister, s’opposer aux bévues

D’un pouvoir que l’abstention a rendu illégitime

Parce que seul le peuple est vraiment légitime

Ceux qui ne sont rien et qui n’ont rien

Ont souvent, bien souvent le cœur sur la main.

Bien sûr le plus souvent les lois scélérates ils subissent

Mais gare-gare-gare quand la rue ils investissent

Pour leurs droits naturellement défendre

Pour les privilèges et les bourgeois pourfendre

Pour une révolution donnant le pouvoir aux riens

Pour défendre leur vie stigmatisée de  vauriens

Pour qu’un jour prochain ils deviennent tout

Qu’au dandysme et au cynisme ils s’opposent partout.

État de grâce provisoire…

   HYPOCRISIE d’un gouvernement en état de grâce

 

  L’austérité qui se réaffirme, les lois scélérates qui sont maintenues…Bel avenir à court et moyen terme pour la régression sociale. Faut-il encore opérer une saignée au système de santé ? Faut-il sevrer voir assécher davantage les moyens des lycées. Supprimer encore des fonctionnaires, tout en gelant leur pouvoir d’achat…mais augmenter le nombre de policiers et de CRS…qui peut applaudir ?   Les comptes publics étaient connus et le ministre de l’économie devenu Président en était co-responsable notamment par ses propositions de cadeaux aux entreprises….

     Comment ne pas se révolter ? Un président mal élu (19.9 % du corps électoral au premier tour) Des députés mal élus (plus de 50 % d’abstention), peuvent ils se considérer légitimes et prendre des décisions au nom des français ? C’est le système de démocratie représentative qu’a mis en cause le taux d’abstention. Il faut aller plus loin et reprendre l’initiative, ne plus admettre que l’on nous confisque le pouvoir…nous réapproprier ce pouvoir. Bien sûr la période d’été n’est pas propice à mobilisation mais que notre automne constitue l’hiver du gouvernement  et de sa tête fut-elle jupitérienne !

La révolte qui gronde

Ami entends-tu la colère qui gronde ?

Ami entends-tu la révolte qui sommeille ?

Aux lois scélérates opposons la fronde

Comment peut-on y opposer sourde oreille ?

Pour éviter les lendemains qui déchantent,

Pour décider que notre avenir nous enchante

Aux attaques antisociales il faut résister

Contre celles-ci  il faut se révolter

La régression sociale ne pas accepter

L’anarchique révolution fomenter

Notre avenir est dans la solidarité

La source même de notre humanité

La condition d’une véritable égalité

Et conséquemment de notre liberté.

La lutte à venir sera vraiment salutaire

Une large participation sera nécessaire

Éloge de la révolte

 

Contre toutes les galères,

Contre toutes les misères,

La révolte est nécessaire,

La révolte est salutaire.

Contre la bourgeoise exploitation,

Contre la bourgeoise domination,

La révolte est nécessaire,

La révolte est salutaire.

Contre toute forme de précarité,

Contre la libérale  austérité,

La révolte est nécessaire,

La révolte est salutaire.

Contre l’état d’urgence liberticide,

Contre les répressions acides

La révolte est nécessaire,

La révolte est salutaire.

Contre le libéralisme,

Contre le capitalisme,

La révolte est nécessaire,

La révolte est salutaire.

Résistance

Résistance

Jamais vraiment  je ne marcherai

Dans les pas d’un président

Qui les droits sociaux voudrait confisquer.

Ma résistance est mon engagement

Résistance à l’inique politique

Qui de façon machiavéliquement  cynique

De tout notre passé social table rase ferait,

Qui d’un revers de main évacuerait

Toute conquête sociale et même pire,

Empêcherait que le capitaliste   rapport social  expire.

De scélérates lois naturellement  il veut instituer

Pour les salariés précariser et les retraités pressuriser.

Qu’un monde nouveau auquel  aspire le résistant

Pour une démocratie ou il ne soit pas quidam votant.

Non vraiment derrière ce président jamais ne marcherai

Car  abstentionniste j’en conteste  la légitimité.

Peau de chagrin

Peau  de chagrin

La dernière réunion du groupe Lucy Parsons, difficile déjà à tenir (2 membres soit un Quorum de 50 % !) a entériné la lente désagrégation du groupe. Je vais essayer d’en maintenir le nom, au moins pendant un certain temps, en espérant qu’il puisse renaître non de ses cendres, mais d’un renouveau. Je vais également  tenter de garder en vie le site « Noir Gazier » dans la même perspective.  Je prends de l’âge, en passe de devenir une « vielle peau » mais ne m’attendais pas à devenir une « peau de chagrin ». Mes convictions sont intactes heureusement. Je ne cherche qu’à retrouver des compagnons, sincèrement conscients de ce que signifie être libertaire.

JPH  (hermanterie@free.fr)

Hypocrisie et cynisme du pouvoir médiatico-politique

   « Les français » ont accordé leur confiance à E. Macron (18.9 % du corps électoral au premier tour des présidentielles : quelle légitimité !) « Les français » ont donné une majorité au nouveau président (8.9 % du corps électoral au second tour des législatives). Comment sans hypocrisie nier l’abstention (qui concerne également tous les partis). Les commentateurs médiatiques le font pourtant et les membres de la pseudo-majorité s’en gaussent. Abstention par désintérêt (on n’attend plus rien des hommes politiques), abstention par conscience que le destin ne se joue pas dans les urnes (désabusement par expérience), abstention militante qui ne refuse pas seulement des candidats mais le système de la démocratie représentative qui confisque le pouvoir du peuple pour le temps de législatures qui se succèdent sans rien changer des rapports de pouvoir. Abstention des précarisés, des laisser pour compte …. qui n’ont plus d’espoir ni de perspective…Toutes ces abstentions se rejoignent pour délégitimer un pouvoir, fut il Jupitérien, qui voudrait imposer, avec le cynisme de la parité (en rien sociale : combien de députés, ou ministres issus des ouvriers et employés ?) pour les plus faibles des lois scélérates de précarisation, de paupérisation….

      Ce simulacre de démocratie a été largement condamné par l’abstention. Et pourtant si l’on cite les chiffres de l’abstention c’est souvent de façon anecdotique. La question de la légitimité n’est pas posée. La seule perspective reste aujourd’hui la rue mais l’obstacle de de la « légitimité institutionnelle » justifiera la répression….et les lois scélérates recevront la caution d’une majorité mal élue et donc institutionnellement légitime et populairement, majoritairement illégitime.

Triste démocratie

. La bourgeoisie (petite et grande ) au pouvoir

Pas de mystère et c’est même de plus en plus clair. Les classes dominantes sont au pouvoir. Il ne demeure que la rue pour faire entendre la voix des dominés. Le problème réside dans ce simple fait : pris dans les rets de la précarité, de l’insécurité, de l’exploitation forcée, les difficultés de la vie réduisent leur capacité de réaction. Le sens du mouvement prolétarien n’est plus compris et c’est dommage : jamais ce mouvement n’a compté sur les élections pour faire entendre sa voix et aujourd’hui il l’exprime par l’abstention. Face à l’émiettement du syndicalisme, il convient de retrouver son inspiration profonde : la défense des exploités, l’autonomie de cette défense par rapport au pouvoir et à la politique, au parlement qui exprime la pensée des dominants. <<<<<<<<il faut pour cela rompre avec les sections catégorielles des syndicats. Un syndicat fort, défendant vraiment les intérêts des sans voix, des exploités et des précarisés indépendant des partis reste à reconstruire. Son obstacle, et il est de taille : les medias, la société de consommation, les démagogies politiques….

Nous ne franchirons pas ce cap de la contestation radicale, de l’expression de la voix des plus faibles, sans une recomposition des forces syndicales, remplissant vraiment leur mission en toute indépendance, luttant contre tous les renoncements, retrouvant ses origines anarcho-syndicalistes

tristesse et désolation d’un ch’ti

Tristesse et désolation d’un ch’ti

 

Il drascccche  à nouveau  din min coin !

Fils de mineur né et habitant à Liévin

Mon père dans sa tombe doit se retourner :

Il n’aurait  vraiment pas  apprécié

Lui qui pendant cinq ans en Allemagne fut prisonnier

Que des fachos dans son Pas de Calais

Soient élus pour nous représenter.

Ce système de démocratie représentative

Avec dans la foulée présidentielles et législatives

Nous, libertaires, le refusons  en bloc

Pour éviter ce genre de choc

L’autogestion et le fédéralisme nous proposons

Jamais vraiment nous ne démordront

Cette pseudo-démocratie jamais n’accepterons

Nous ne sommes pas des moutons.

La suite peut-être dans la rue

Pour de ces élections éliminer les bévues.

Macron-incompatible

Je suis vraiment Macron incompatible

Car ma retraite déjà de CSG il cible

De cadeaux les nantis il veut combler

Mais sur les salariés ouvriers,  les employés…

Il projette  bien sûr de s’acharner

Par le code du travail réformer

Leur assurer une pleine insécurité

Pour eux assurément  la précarité

Pour les bourgeois la prospérité

Sur les manifestants enverra les policiers

Non pour les protéger mais les matraquer ;

Pourchasser les immigrés, les réfugiés

En   interdisant de manger leur donner

En les maltraitant comme des pestiférés

C’est bien CELA vraiment SON PROJET

Il l’a lui-même annoncé et proposé

Aux français de la politique désabusés.

Et bien non ! Ce simulacre de démocratie

L’installation d’une « nouvelle » oligarchie.

Nous la refusons de  toutes nos convictions.

Avec E Macron jamais ne marcherons

Car notre avenir des urnes ne peut être issu

Nous anarchistes c’est bien connu,

De l’autogestion nous l’attendons

Dans l’immédiat nous nous abstiendrons.

Une des meilleures présentations de l’abstention militante

Petits classiques

Élisée Reclus
Photographie de l’atelier de Nadar – s.d. © CMN
Élisée Reclus

Lettre à Jean Grave

                                   Clarens, Vaud, 26 septembre 1885.

                                  Compagnons,

     Vous demandez à un homme de bonne volonté, qui n’est ni votant ni candidat, de vous exposer quelles sont ses idées sur l’exercice du droit de suffrage.

     Le délai que vous m’accordez est bien court, mais ayant, au sujet du vote électoral, des convictions bien nettes, ce que j’ai à vous dire peut se formuler en quelques mots.

     Voter, c’est abdiquer ; nommer un ou plusieurs maîtres pour une période courte ou longue, c’est renoncer à sa propre souveraineté. Qu’il devienne monarque absolu, prince constitutionnel ou simplement mandataire muni d’une petite part de royauté, le candidat que vous portez au trône ou au fauteuil sera votre supérieur. Vous nommez des hommes qui sont au-dessus des lois, puisqu’ils se chargent de les rédiger et que leur mission est de vous faire obéir.

     Voter, c’est être dupe ; c’est croire que des hommes comme vous acquerront soudain, au tintement d’une sonnette, la vertu de tout savoir et de tout comprendre. Vos mandataires ayant à légiférer sur toutes choses, des allumettes aux vaisseaux de guerre, de l’échenillage des arbres à l’extermination des peuplades rouges ou noires, il vous semble que leur intelligence grandisse en raison même de l’immensité de la tâche. L’histoire vous enseigne que le contraire a lieu. Le pouvoir a toujours affolé, le parlotage a toujours abêti. Dans les assemblées souveraines, la médiocrité prévaut fatalement.

     Voter c’est évoquer la trahison. Sans doute, les votants croient à l’honnêteté de ceux auxquels ils accordent leurs suffrages  — et peut-être ont-il raison le premier jour, quand les candidats sont encore dans la ferveur du premier amour. Mais chaque jour a son lendemain. Dès que le milieu change, l’homme change avec lui. Aujourd’hui, le candidat s’incline devant vous, et peut-être trop bas ; demain, il se redressera et peut-être trop haut. Il mendiait les votes, il vous donnera des ordres. L’ouvrier, devenu contre-maître, peut-il rester ce qu’il était avant d’avoir obtenu la faveur du patron ? Le fougueux démocrate n’apprend-il pas à courber l’échine quand le banquier daigne l’inviter à son bureau, quand les valets des rois lui font l’honneur de l’entretenir dans les antichambres ? L’atmosphère de ces corps législatifs est malsain à respirer, vous envoyez vos mandataires dans un milieu de corruption ; ne vous étonnez pas s’ils en sortent corrompus.

     N’abdiquez donc pas, ne remettez donc pas vos destinées à des hommes forcément incapables et à des traîtres futurs. Ne votez pas ! Au lieu de confier vos intérêts à d’autres, défendez-les vous-mêmes ; au lieu de prendre des avocats pour proposer un mode d’action futur,  agissez ! Les occasions ne manquent pas aux hommes de bon vouloir. Rejeter sur les autres la responsabilité de sa conduite, c’est manquer de vaillance.

     Je vous salue de tout cœur, compagnons .

Élisée Reclus.

 

Lettre adressée à Jean Grave, insérée dans Le Révolté du 11 octobre 1885.
Reclus, Élisée (1830-1905), Correspondance, Paris : Schleicher Frères : A. Costes, 1911-1925. pp.364-366

Abstention salutaire

 

Quelle légitimité pour les nouveaux députés ?

Mal élus, elle est proche de zéro

Ils se transformeront en godillots.

L’abstention les a déjà discrédités.

Des lois scélérates ils vont voter

Faisant fi bien sûr de nos libertés

Aggravant les galères et  les inégalités

Les riches toujours davantage favoriser

Pour les autres toujours plus de précarité.

La perspective de la casse du droit du travail

Ne parvient  même plus à servir d’épouvantail

Nous revendiquons l’abstention militante,

Nous sommes toujours en attente,

D’un sursaut du peuple pour l’autonomie

D’un réveil des consciences pour une vraie démocratie.

veille d’élection

Voter en démocratie représentative

Voter en perdant toute initiative

Voter pour votre pouvoir vous démunir

Pour votre simple voix ne plus jouir

Votez pour le contraire obtenir

De vos espoirs, aspirations et désirs

Car en adoptant le comportement

D’un « citoyen »  en votant croyant

Sa liberté et son pouvoir exercer

Se livre fait poings et pieds liés.

Quand vous accordez des blancs-seings

Ne vous plaignez pas de leur application

Vous n’y pourrez vraiment  plus rien

Vous aurez donné votre bénédiction

Approuvé que pour vous l’on prenne des décisions