Marseille : des caméras chargées de surveiller les Roms et les gens du voyage

BILLETS D’HUMEUR : Big Brother, Chez les bas du front, Tant qu’il y aura des frontières…

En ce vendredi 12 juillet quoi de neuf en ce monde ??? Et si la mairie de Marseille voulait devancer Christian Estrosi ? Cinq sites de vidéo-surveillance prévus par la mairie de Marseille ont pour objectif de surveiller les Roms et gens du voyage, révèle le site marseillais marsactu. Une idée semblable à celle de Christian Estrosi qui avait promis à des gens du voyage, le 30 juin dernier, de leur « pourrir la vie jour et nuit avec électricité et eau coupés » et de les surveiller « par caméras mobiles ».

Chacune des 407 caméras que la mairie va installer dans tout Marseille dispose d’une fiche précisant quelques « objectifs du site ». « Ce document qui figure dans les annexes de l’appel d’offres clôturé le 28 juin – c’est-à-dire le dossier technique communiqué aux entreprises candidates – réserve toutefois une surprise : parmi les objectifs assignés aux caméras figurent à cinq reprises les mentions « Roms » et « gens du voyage », écrit marsactu.

Contactée par metronews, l’adjointe UMP de la mairie de Marseille, Caroline Pozmentier, déléguée à la sécurité estime ces indications ethniques « fâcheuses et regrettables », mais tente de relativiser cette « erreur ». « ll faut relativiser les faits et ne pas se laisser prendre par les intentions nauséabondes* du site marsactu.Sur 700 fiches techniques, qui représentent un travail très lourd pour les techniciens, seulement cinq mentionnent les Roms ou gens du voyage. « Je considère que le dossier est clos », déclare l’adjointe du maire. « On ne souhaite stigmatiser personne, mais nous ne voulons pas non plus se cacher derrière notre petit doigt et on ne peut pas nier que certains campements troublent l’ordre public », ajoute-t-elle.

Capture d'écran des documents révélés par le site marsactu

Capture d’écran des documents révélés par le site marsactu

Ces objectifs ethniques sont pourtant illégaux, la loi informatique et liberté interdisant de recueillir et traiter ce genre de données qui « vise un type de population ». Contactée par le site d’information, la commission nationale informatique et libertés (Cnil) met d’ailleurs en garde contre « une stigmatisation ciblant des catégories, notamment raciales ou ethniques ». Les responsables de ces objectifs ethniques seront-ils sanctionnés ? « Nous ferons le nécessaire et s’il faut s’expliquer devant la Cnil, nous nous expliquerons », assure la mairie de Marseille à metronews.

Pas sûr que la ville puisse éteindre cette polémique qui en indigne plus d’un. A l’instar de Jean-Paul Kopp, président de Rencontres Tsiganes qui s’interroge : « Et s’il y avait marqué juifs, noirs, Comoriens ou gays ? On n’a plus l’impression que la loi protège contre le racisme ».

Voila encore un jour en ce beau monde….allez allez circulez il y a rien à voir.

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Source : Metro News

Des nouvelles de Brice le lyceen arrete et retenu au centre de retention de lesquin

ACTUALITÉS : Tant qu’il y aura des frontières…

Il y a quelques jours nous vous parlions de Brice, lycéen en 1ère année de CAP au lycée G. Duhamel (Loos) qui avait ete arrêté et conduit contre son gré au Centre de rétention de Lesquin (ici)

Nous avons le plaisir de vous annoncer que le Tribunal administratif a annulé l’arrêté préfectoral le plaçant en rétention.

Un des arguments de l’avocat de la préfecture pour justifier la rétention : « l’année scolaire 2012-2013 est terminée, rien ne s’oppose au placement en rétention et à l’éloignement… »… pitoyable argumentaire.

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RESF : Un lyceen arrete et retenu au centre de retention de lesquin !

COMMUNIQUÉS : Tant qu’il y aura des frontières…

Lors d’un contrôle d’identité jeudi à Roubaix, vers 14h15, BRICE lycéen en 1ère année de CAP au lycée G. Duhamel (Loos) a été arrêté et conduit contre son gré au Centre de rétention de Lesquin (où il se trouve encore).

Brice, jeune camerounais de 19 ans, est arrivé en France en février 2012, deux mois avant ses 18 ans. Sa demande de titre étudiant a été rejetée car il n’avait pas encore son inscription dans un établissement scolaire et il a reçu une obligation de quitter le territoire (OQTF) confirmée par le tribunal administratif. La procédure d’appel de cette décision est en cours.

Jeudi, il se promenait à Roubaix avec un camarade lycéen lorsqu’ils ont été contrôlés. Son camarade avait son titre de séjour, il est reparti libre. Brice n’avait pas de titre. Ses vacances commencent à Lesquin.

 RESF LILLE LANCE UN APPEL A VENIR LE SOUTENIR

LUNDI 8 JUILLET à partir de 8h30

au TRIBUNAL ADMINISTRATIF

143 rue Jacquemars GIELEE

(Lille, près du jardin Vauban, arrêt Liane 1 Champ de Mars)

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Le camp de familles Roms de Lille-Sud évacué mi-septembre

 ACTUALITÉS : Tant qu’il y aura des frontières…

L’un des plus vastes camps de Roms de la métropole lilloise, situé à Lille-Sud, sera évacué à la mi-septembre pour y lancer le chantier de l’usine de chaussures Essensol.

La transition a débuté en mai, avec le déplacement de familles à l’intérieur du camp, avec l’aide de l’association tourquennoise Canal, missionnée par la ville de Lille. Quatre à cinq cents personnes sur les cinq à huit cents présentes ont été déplacées, sauf seize caravanes de familles Bulgares qui refusent de bouger. Elles devront avoir libéré un premier espace de 5 ha fin juillet.

Puis, à la mi-septembre, l’intégralité du camp sera évacuée. La préfecture doit présenter prochainement les dispositifs de relogements prévus pour ces personnes, dans la région. Malheureusement on connait leurs solutions a coups de matraques et de gaz lacrymo….

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Aide : VDN

Plus de 5 000 Roms évacués, en France, au deuxième trimestre 2013

BILLETS D’HUMEUR : Tant qu’il y aura des frontières…

En ce samedi 6 juillet, quoi de neuf en ce monde ??? Il s’agit d’un recensement certes non-exhaustif, s’appuyant à la fois sur les remontées d’information des associations et les coupures de presse de la presse régionale signalant l’évacuation de Roms en France. Mais cette compilation de données effectuée par la Ligue des droits de l’homme (LDH) et le European Roma Rights Centre (ERRC) permet d’avoir une idée assez précise de l’intervention policière dans les campements de fortune.

Au total, 5 482 personnes auraient été évacuées par les forces de l’ordre au deuxième trimestre 2013, essentiellement en Île-de-France, particulièrement en Seine-Saint-Denis.

Le nombre de Roms étant estimé à 20 000 personnes, c’est donc un quart de la population qui aurait été concerné, ce qui constitue un record absolu.« Le nombre de camps évacués est constant, mais la taille de ces camps est plus grande, ce qui provoque une augmentation du nombre de personnes concernées », explique Philippe Goossens, qui réalise cet inventaire depuis 2010. Pour autant, aucune expulsion n’a été rapportée ces trois derniers mois, malgré 424 distributions d’obligations de quitter le territoire français (OQTF).

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Parmi les organisations de solidarité engagées auprès des Roms, c’est l’incompréhension. En effet, une circulaire interministérielle du 26 août 2012 prône « l’anticipation et l’accompagnement des opérations d’évacuation des campements illicites ». En avril dernier, le défenseur des droits, Dominique Baudis, avait renchéri en estimant qu’un délai d’au moins trois mois était nécessaire avant un démantèlement, de manière à permettre aux habitants de « quitter les lieux dans des conditions décentes ».

Rien de tout cela n’aurait lieu, à entendre Philippe Goossens. « Il y a bien ici et là de rares diagnostics mis en place avant une évacuation, mais ces derniers sont effectués très rapidement, en deux après-midi, alors qu’il faudrait au minimum une semaine de travail pour obtenir un résultat satisfaisant », estime-t-il.

Le gouvernement, de son côté, invite à la patience. Des subventions à hauteur de 2,2 millions d’euros ont été débloquées en mai pour des actions sociales. Le premier ministre Jean-Marc Ayrault doit par ailleurs se rendre en Roumanie les 11 et 12 juillet prochains. L’amélioration des conditions de vie et de retour des Roms dans leur pays d’origine sera, parmi d’autres sujets, à l’ordre du jour. Ah qu’on est bien au pays des fachos….

Voila encore un jour en ce beau monde….allez allez circulez il y a rien à voir.

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Aide : La Croix

Expulsion des étrangers malades : pour AIDES, « la gauche a menti »

ACTUALITÉS : tant qu’il y aura des frontières…

Plus d’une centaine de militants d’AIDeS, l’association de lutte contre le Sida, ont manifesté ce vendredi devant la préfecture de Bobigny. Objectif : demander à François Hollande d’abroger la loi Besson de 2011. Cette loi autorise l’expulsion d’étrangers malades.

« Malades en danger, malades expulsés », plus d’une centaine de militants ont scandé ce slogan ce vendredi matin devant la préfecture de Bobigny en Seine-Saint-Denis. Les militants d’AIDeS, l’association de lutte contre le Sida, demandent à François Hollande de tenir ses promesses de campagne et d’abroger la loi Besson de 2011.Cette loi autorise l’expulsion d’étrangers malades.

D’après AIDeS, à cause de cette loi des étrangers atteints de maladies graves ont été renvoyés dans leurs pays. Actuellement, trois malades séropositifs seraient menacés d’expulsion car leurs titres de séjour n’ont pas été renouvelés affirme AIDeS. Avant la loi de  juin 2011, il fallait que le traitement médical soit « disponible » dans le pays d’origine du malade avant de l’expulser, actuellement il suffit qu’il « existe », déplorent les associations d’aide aux migrants malades.

L’association de lutte contre le Sida reproche au président de la République de ne pas avoir tenu l’une de ses promesses de campagne. François Hollande aurait qualifié « d’hypocrite » la loi Besson de 2011 mais pour l’heure il n’y a pas touché, déplore AIDeS. Le président de l’association estime que « la gauche a menti ». Bruno Spire souhaite que « tous les étrangers malades atteints d’une pathologie grave qui ne peuvent pas être soignés dans leur pays d’origine, soient soignés en France avec un titre de séjour pour soin ».

Le président d’AIDeS estime « que ça fait faire des économies de prendre en charge les étrangers malades même en situation irrégulière ». Pour Bruno Spire « si les étrangers malades n’ont pas de titre de séjour, ils ne se soignent plus, ils peuvent alors transmettre le VIH. Le risque aussi est de les retrouver en très mauvaise santé et de devoir alors leur donner des traitements coûteux ».

D’après un rapport de l’inspection générale de l’administration, la loi Besson de 2011 aurait des effets limités car les autorités de santé seraient bienveillantes envers les étrangers gravement malades. Chaque année, la France délivre 6.000 cartes de séjour pour des étrangers malades et renouvelle 20.000 cartes de séjour.

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Source : France Info

 

Quand Taubira prive 11 nationalites du mariage pour tous

ACTUALITÉS : tant qu’il y aura des frontières…

Le 23 avril dernier, la loi promettant « le mariage pour tous » est définitivement adoptée par l’Assemblée Nationale. Depuis son entrée en vigueur, ça se bouscule dans les mairies. Pourtant, de nombreux couples se font recaler. En cause, une circulaire, signée de la main de la ministre de la justice, Christiane Taubira, informant les maires qu’ils ne peuvent pas marier les homosexuels français aux citoyens de onze autres pays.

Sont concernés les ressortissants venant de Pologne, du Maroc, de Bosnie-Herzégovine, du Monténégro, de Serbie, du Kosovo, de Slovénie, de Tunisie, d’Algérie, du Laos et du Cambodge. Pour eux donc, pas de mariage. Ils seraient « des milliers » dans ce cas, selon Thomas Fouquet-Lapar, de l’Association pour la reconnaissance des Droits des personnes homosexuelles et transsexuelles à l’immigration et au séjour (Ardhis).

 Selon la loi, le mariage peut être célébré dès lors que l’un des futurs époux est Français ou réside dans l’hexagone. Exception faite des ressortissants de ces 11 pays, donc. En cause des accords bilatéraux indiquant que la loi relative au mariage applicable est celle du pays d’origine. Une explication confirmée par le ministère de la justice, qui renvoie la balle au quai d’Orsay : « La révision de ces accords relève du ministère des affaires étrangères »

Dans les bureaux de Fabius, visiblement, la question dérange. « Nous luttons contre les discriminations et sommes en contact avec les pays amis mais ce n’est pas à nous de leur dicter la conduite à avoir », tente Jacques De Noray, porte-parole adjoint au ministère. Mais concrètement « à [sa] connaissance aucune procédure de modification de ces traités n’est en cours ».

 Les associations de défense des droits LGBT crient au scandale. « Cette circulaire est déplorable », s’insurge Elisabeth Ronzier, présidente de SOS Homophobie. Pour Thomas Fouquet-Lapar de l’Ardhis, on est clairement face à « une nouvelle discrimination», « on parle du mariage entre personnes de même sexe. Hors, il n’existe qu’un seul mariage, le mariage pour tous », enfin en théorie…

Selon l’Ardhis, les autorités seraient moins à cheval sur le respect de ces mêmes conventions internationales pour les couples hétéros. Ainsi le droit algérien interdit le mariage entre une femme musulmane et un homme d’une autre religion ( Article 30, modifié ). Une règle qui devrait aussi s’appliquer en France puisque, comme nous l’apprend cette circulaire, lorsque l’un des époux est Algérien, il doit se conformer aux règles de son pays d’origine. Pourtant, « il n’y a pas toujours de conversion et ça n’empêche pas de voir des mariages mixtes partout, seulement, ce sont des couples hétéros », commente Thomas Fouquet-Lapar.

Les associations ne comptent pas en rester là. « Nous avons été contactés par un couple franco-cambodgien, après qu’une mairie ait refusé de les marier. Ils sont bien décidés à porter l’affaire devant le juge. » Pour Guillaume Tusseau, professeur de droit public à Sciences Po, la procédure n’est pas gagnée d’avance : « si la loi française viole une autre convention internationale, notamment la Convention européenne des Droits de l’Homme, on peut alors considérer que cette restriction créée une discrimination. » Sauf que « le problème, c’est la manière dont le juge considère la supériorité ou non de la Convention des Droits de l’Homme par rapport aux accords internationaux. C’est compliqué car ces traités ont la même valeur. » Impasse.

En juillet prochain, les responsables d’Ardhis se rendront au Ministère de la justice afin de chercher une solution pour un vrai mariage pour tous. Par ailleurs, trois parlementaires ont d’ores et déjà déposés des « questions au gouvernement » sur le sujet. Sans réponse, pour le moment.

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Source : Streetpress

200.000 nouveaux immigrés par an, «c’est trop» pour Fillon

Tant qu’il y aura des frontières…

Invité sur France 2 de l’émission Des paroles et des actes, François Fillon a estimé jeudi soir qu’il y avait trop d’immigrés en France. L’ancien Premier ministre a justifié sa position en jugeant que le pays «est aujourd’hui dans l’incapacité d’accueillir dans des conditions décentes tous les gens qui veulent venir y vivre».

 «Donc il faut réduire la politique d’immigration», a poursuivi  le député (UMP) de Paris. «J’avais proposé que, comme au Canada, on ait chaque année un vote du parlement sur le nombre d’immigrés, qu’on peut accueillir, les métiers qu’on veut privilégier, les régions du monde pour lesquelles on veut fixer des quotas». Cette proposition avait notamment été formulée au cours de la ampagne de François Fillon pour la présidence de l’UMP.

200.000 entrées par an, «c’est trop dans un pays de situation de chômage, de crise économique, qui doit réduire sa dépense publique et qui a des problèmes de cohésion nationale», a-t-il encore argumenté.

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Source : Le Parisien

Lille : évacuation du camp de Roms de la plaine Winston Churchill

Tant qu’il y aura des frontières…

Les deux pelleteuses sont entrés en action vers 6h30 et ont entamé la destruction du camp devant un dispositif policier impressionnant. Le camp a compté jusqu’à 130 personnes mais seule une soixantaine était toujours présente ce matin.

La destruction du camp fait suite à une ordonnance d’évacution du tribunal de Lille du 4 avril. Aucune information sur le devenir des personnes évacuées n’était disponible ce mercredi matin.

Un très fort dégagement de fumée était visible dans les rues de Lille vers 7h30 suite à un feu de baraquement qui a suivi l’évacuation. Les pompiers sont intervenus rapidement alors que le camp avait déjà était évacué.

Dans un communiqué, la préfecture du Nord a précisé ceci : « Cette opération d’évacuation s’est déroulée dans le calme. Une partie importante des familles avait quitté ce campement de son propre chef avant cette évacuation. Aux 18 familles restantes (75 personnes), une solution provisoire d’hébergement a été proposée. Une attention particulière a été accordée aux personnes les plus vulnérables. (…) Dans son ordonnance d’expulsion, le Tribunal administratif a ainsi jugé que « la situation du campement [était] très précaire en matière d’hygiène, de salubrité et de sécurité » et que « par ailleurs, en janvier 2013, un incendie a détruit 9 cabanes ; que dans ces conditions, la nécessité de trouver une solution est devenue urgente ».

Environ 2.600 Roms sont installés dans une quarantaine de campements dans la région lilloise.

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Source : VDN

Ouverture d’un nouveau centre de rétention

Tant qu’il y aura des frontières…

Le Cimade (Comité Inter Mouvements Auprès Des Évacués) vient de faire une déclaration suite à l’ouverture dans l’indifférence générale d’un nouveau centre de rétention à proximité de l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle sur la commune du Mesnil-Amelot.

Communiqué de presse du Cimade – 1er août 2011

Silence ! Dans la discrétion de l’été, un nouveau camp d’internement administratif ouvre ses portes aux « indésirables » En 2009, le gouvernement annonçait la création d’un nouveau camp d’internement administratif pour les étrangers d’une capacité de 240 places, à proximité de l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle sur la commune du Mesnil-Amelot.

Aujourd’hui, l’ouverture de ce centre de rétention administrative (CRA), le plus grand de France, vient rappeler que l’enfermement est bien devenu un mode banal de gestion, de contrôle et de mise à l’écart des populations migrantes. La Cimade et ses partenaires associatifs n’ont eu cesse de dénoncer l’illégalité et la déshumanisation de ce camp en alertant l’opinion publique et en saisissant le Conseil d’État qui, à ce jour, ne s’est toujours pas prononcé.

Symbole de la froideur sécuritaire et technologique au service du contrôle des corps, la structure répond aux critères de l’architecture carcérale classique : bâtiments en étoile autour d’un centre de contrôle central, portes hachoirs, caméras de surveillance, détecteurs de mouvements, restriction des possibilités de communication entre les personnes retenues et avec les intervenants civils… On pourra y enfermer 240 étrangers, dont des enfants, en contournant la limitation légale de la capacité des CRA fixée à 140 places, et les juger dans une antenne spécifique et délocalisée du tribunal, attenant au centre, le tout cerclé d’une même enceinte barbelée. Après deux ans de mobilisation associative, il n’est pas anodin que le gouvernement choisisse la période estivale pour ouvrir ce véritable camp d’internement.

La localisation géographique de ce camp, sa structure intérieure comme le choix de mettre en place une justice d’exception en son sein, sont autant de preuves de cette mise à distance de la société civile. Nous avions tiré la sonnette d’alarme lors de l’incendie de l’ancien centre de rétention de Vincennes, qui faisait suite au décès d’une personne enfermée. Face à un système froid et déshumanisé, il est à craindre que la seule réaction possible pour les personnes retenues soit de retourner la violence contre elles-mêmes et que les automutilations, grèves de la faim, tentatives de suicide n’en soient le quotidien.

Avec l’entrée en fonction de ce nouveau centre, et cela alors même que la durée de rétention vient d’être allongée à 45 jours, la politique d’industrialisation de la rétention et la criminalisation des migrants franchit une nouvelle étape. La Cimade dénonce ce grave coup porté aux plus exclus d’entre nous, ainsi qu’aux valeurs fondamentales de notre société.

Centre de rétention administratif du Mesnil-Amelot